Profil épidémiologique du diabète

Comme la plupart des pays à revenu faible et intermédiaire, le Cameroun est en phase de transition épidémiologique et connait de ce fait une augmentation des maladies chroniques non transmissibles (MCNT) telles que le diabète. Le diabète est une maladie qui traduit un taux anormalement élevé du sucre dans le sang. C'est-à-dire une glycémie  supérieure à 1.2g/l à jeun ou 2g/l après deux heures de repas. On distingue deux types de diabète, le type 2 étant beaucoup plus répandu que le type 1.

Mortalité et morbidité liée au diabète

Non seulement la prévalence du diabète est restée longtemps sous estimée en l’absence d’un cadre d’harmonisation des critères diagnostic comme celui offert par les recommandations OMS, de l’American Diabetes Association (ADA) et du National Diabetes Data Group des USA, mais elle connait à présent une progression fulgurante dans de nombreux pays en développement et plus particulièrement ceux de l’Afrique sub-saharienne. Avec un nombre de personne touchées estimé à 7146, on pense qu’en 2030, 18645 personnes souffriront de diabète en Afrique Sub-saharienne.

Au niveau du Cameroun, les chiffres sont longtemps restés bas, avec des prévalences estimées à 2.8 en milieu urbain et 1.1 en milieu rural [Mbanya, 1994] mais une autre étude réalisée en 2006 présentait des prévalences décuplées avec une prévalence chez l’homme de 6.5% sans distinction du milieu de vie en 2003 et  une prévalence variant entre 8.5% en milieu urbain et de 5% en milieu rural chez la femme [Njamnshi, Hiag, Mbanya. 2006]. Comme en Tanzanie et au Ghana, 60 à 80% de la population  camerounaise vit sans connaissance de son statut vis-à-vis du diabète. Le taux de morbidité est estimé à 7,2% d’après une étude menée à l’hôpital Central de Yaoundé [Etoa et al., 2014]. Il faut noter que l’augmentation de ces chiffres concerne aussi bien les adultes que les enfants. En effet, l’on estime désormais à 75 000 le nombre d’enfants de moins de cinq ans atteints par le diabète  et parmi ceux-ci seulement 500 bénéficient d’un suivi médical.

Il est établi un lien étroit entre le diabète de type 2 et l’obésité.  La progression du diabète suit un cours parallèle à celle de l’obésité avec une croissance spectaculaire  dans les pays en développement. Sa morbidité est également augmentée en présence de l'hypertension. En effet, 60% des diabétiques souffriraient d’hypertension artérielle [Katte et al., 2014 ; Nanfack et al., 2012]. Les complications classiques du diabète s’observent autant en Afrique qu’en Europe mais leur sévérité est beaucoup plus importante en Afrique en raison de la méconnaissance initiale de la maladie,  de sa prise en charge tardive, des difficultés d’accès aux soins de qualité et des affections intercurrentes transmissibles qui aggravent régulièrement la pathologie. Le poids socio-économique qu’engendre cette maladie rend très difficile sa prise en charge et contribue fortement à l’augmentation de sa morbidité et sa mortalité. Des études ont révélé que les coûts directs des soins pour un diabétique est d’environ 25% du revenu national brut par habitant dans les 12 pays les pays riches et de 125% dans les 34 pays les plus pauvres du globe. Le coût total c'est-à-dire, direct et indirect, représenterait dans les pays pauvres plus du double du revenu national brut par habitant (conférence des Ministres de la santé).

L’éducation thérapeutique et des moyens de prévention, l’amélioration des prescriptions génériques de la part des praticiens, le soutien de ces traitements comme celui pratiqué pour les médicaments du VIH/SIDA  sont pour toutes ces raisons, autant d’interventions efficientes pouvant améliorer la prise en charge du diabète dans notre contexte et celui des pays en développement.